Toulouse : accusation de menaces et harcèlement dans le bâtiment

Ce sont des accusations graves portées contre le gérant d’une entreprise de construction, impliquée dans plusieurs chantiers d’importance de l’agglomération toulousaine, Vého Constructions. Un salarié a déposé une attestation pour être produite au tribunal.

 

Il affirme que le patron de cette entreprise lui a donné pour consigne d’amener le délégué du personnel de l’entreprise dans une cave de son chantier pour « le frapper à la tête avec un madrier ».

Cette menace fait suite à une grande nouveauté dans cette jeune entreprise de 25 salariés, fondée en 2013 et qui a rapidement remporté plusieurs chantiers importants pour des promoteurs comme Urbis ou Acantys à Toulouse : l’élection d’un représentant du personnel.

 

 
Grève aujourd’hui

 
“Dès l’élection de ce délégué, en juillet 2016, le patron de Vého a réagi, explique un représentant du Syndicat local Construction Bois et Ameublement CGT : il a remis en cause des primes, et des retards sur la paie de tous les salariés ont été constatés. Le délégué n’a pas pu prendre ses heures de délégation et a été calomnié, par lettre adressée à tout le personnel. Un huissier a été envoyé pour contrôler son travail. Il a été menacé de sanctions avec convocation pour un entretien en vue d’un licenciement”.

 

Malgré l’intervention de l’Inspection du Travail, le climat social a continué à se dégrader dans l’entreprise. Une grève a été décidée en septembre 2016.

Mais, raconte encore le Syndicat local CGT, la situation n’a pas évolué positivement. C’est le moins que l’on puisse dire. “Un ouvrier très qualifié a été licencié pour malfaçon. Il n’a pourtant fait que suivre les consignes. Le délégué du personnel a été isolé sur les chantiers et a subi deux mises à pied injustifiées en octobre et novembre. En décembre, une troisième procédure de sanction disciplinaire a été engagée contre le délégué. Suite à cette pression morale constante, son médecin l’a déclaré en accident de travail. De retour de son accident de travail, le délégué a été envoyé seul, sur un chantier aux confins de la Haute-Garonne. Ceci afin de l’isoler de ses camarades de travail.”

 

Ce mercredi 19 avril 2017, une partie des salariés de Vého Constructions s’est mise en grève, pour dénoncer les agissements de leur employeur. Un rassemblement a eu lieu sur un chantier de Saint-Martin-du-Touch à Toulouse, rue Négo Saoumos. Des chantiers de l’entreprise, à Blagnac (rue des Bûches et dans le quartier Andromède), ou Cugnaux, ont tourné au ralenti, ou ont été stoppés.

 

Georges Pimenta, le PDG de Vého Constructions, a réagi ce mercredi 19 avril à 18 heures à la mise en cause d’une partie des salariés de son entreprise : “Je suis très choqué par les dires de ces messieurs. Ces révélations sont fausses. Je fais remarquer qu’elles sont issues de salariés du syndicat CGT, en vue d’obtenir des négociations, suite à la journée de grève de ce jour. Ce mercredi 19 avril à 16 heures, les négociations ont abouti, en présence du délégué du personnel et secrétaire général adjoint du syndicat local CGT. La mutation du délégué du personnel a été actée, au plus proche des salariés, sur un chantier à Cugnaux. La mise à disposition de moyens matériels supplémentaires a également été décidée. La levée de la grève a été prononcée. Aucune plainte de quelque nature que ce soit n’a été déposée à l’encontre de la société.”

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